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Envisager dés aujourd'hui la résilience et l'attractivité des bâtiments de demain !

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Quelles sont les évolutions organisationnelles voire sociétales qui impactent le plus les environnements et la relation au travail aujourd’hui ?

La première évolution repose sur un phénomène d’accélération. En effet, les évolutions et transformations qui impactent l’organisation du travail se produisent à un rythme beaucoup plus soutenu que par le passé. Prenons par exemple le télétravail : son développement rapide a eu des conséquences très directes sur la gestion des temps de travail, sur la distribution des tâches et sur l’équilibre vie professionnelle/vie personnelle des collaborateurs, mais également sur leurs mobilités. En termes d’organisation, les entreprises ont dû apprendre à gérer leurs équipes de manière plus souple et individualisée, en tenant compte de ces nouvelles porosités entre sphère privée et professionnelle. Cette personnalisation et cette individualisation accrues viennent aussi questionner la définition du “collectif de travail”, le rôle du manager, le cadre de travail offert par l’entreprise.

Deuxième phénomène, plus sociétal cette fois : la quête de sens et l’exigence de transparence progressent dans toutes les organisations, impulsées par l’ensemble des parties prenantes. Et cela commence par les consommateurs, qui réclament de vraies politiques RSE et des engagements sociétaux concrets. De ce point de vue, les entreprises ne peuvent désormais plus se contenter de vagues promesses ni succomber aux sirènes du “green washing”. Leurs clients et leurs collaborateurs en attendent en effet davantage, avec le besoin marqué d’une contribution de l’économie marchande au bien commun et à la résolution des crises environnementales et de société.

Troisième tendance marquante, l’imprévisibilité de toutes ces évolutions et de leurs impacts sur les effectifs et sur les environnements de travail, qu’il s’agisse du rythme de déploiement des nouvelles technologies et de leurs conséquences en matière de création ou de destruction d’emplois, de l’impact des problématiques environnementales sur l’activité économique, de l’évaluation des besoins en matière de recrutement… tout devient plus difficile à décrypter et à prévoir pour les entreprises. Comment bâtir une gestion prévisionnelle de l’emploi et des compétences voire envisager l’évolution des effectifs d’une organisation à 10 ans lorsque des cabinets aussi renommés que McKinsey affirment que 85% des métiers exercés en 2030 demeurent à inventer ? Les entreprises vont devoir s’habituer à cet environnement de plus en plus incertain en positionnant systématiquement leurs approches dans des dynamiques élargies.

Compte tenu de ce contexte, quels sont aujourd’hui les éléments clés à envisager en amont d’un projet immobilier ?

Inévitablement, pour ne pas commettre d’erreur ou reproduire les schémas existants, les entreprises ont tout intérêt à élargir le champ de leur questionnement en amont de nouvelles études. Par exemple, si la robotisation et la dématérialisation des tâches progressent, si l’individualisation des rythmes de travail et la tendance au multi-emploi se confirment, si le coworking et les nouvelles formes de travail collaboratif comme le crowdworking se développent, quels seront demain le sens et la vocation d’un siège social ? Quels seront l’utilité et le rôle exacts d’un bureau ou d’une salle de réunion ? De quels types d’espaces et de services auront besoin les collaborateurs, à quels moments et à quels endroits ? Faudra-t-il essaimer des sites en périphérie des grandes agglomérations pour réduire les temps de trajets ou bien se recentrer sur des hypercentres mieux équipés et connectés ? Quelle image les entreprises voudront-elles donner à leurs clients au travers de leurs locaux ? Toutes ces questions – et la liste complète se révèle plus vaste – doivent être envisagées pour sécuriser durablement un projet immobilier.

 

 

En quoi s’interroger sur les futures modalités de travail est-il si déterminant ? Ne peut-on envisager un scénario dans lequel les évolutions que vous évoquez n’aboutiraient pas à un changement radical de paradigme, mais à des modifications mineures du travail ?

Oui, c’est évidemment une des possibilités à laquelle nous avons réfléchi. Nous l’avons même abordée dans le premier scénario à lire dans ce document. Mais l’hypothèse du Statu Quo, c’est-à-dire d’un changement “à la marge” des modalités de travail ne me semble pas forcément la plus plausible ni la plus souhaitable. La plupart des organismes et instituts qui ont été amenés à réfléchir aux évolutions sociétales à l’horizon 2030 privilégient tous des scénarios de rupture. J’ajouterai que le scénario tendanciel qui verrait s’accentuer les grands déséquilibres environnementaux et sociétaux actuels, avec l’aggravation des inégalités et des fractures – fractures numérique et géographique, développement des contrats de travail précaires, faible prise en compte de l’urgence climatique… – ne paraît ni souhaitable ni soutenable, ne serait-ce qu’aux yeux d’une opinion publique de plus en plus sensible sur ces sujets. Et plus positivement, s’interroger sur ces grands enjeux et évolutions, au sein même de l’entreprise, en favorisant la collaboration et la consultation élargie représente une opportunité unique d’associer les collaborateurs à la définition de leur environnement de travail idéal. C’est d’autant plus déterminant qu’il s’agit d’un préalable indispensable à l’appropriation de tout changement. 

Dans ce questionnement et cette co-construction avec les collaborateurs, en quoi l’accompagnement de Colliers International est-il un atout majeur pour un porteur de projet immobilier ?

Les équipes de consultants experts multidisciplinaires de Colliers International travaillent sur ces sujets depuis de nombreuses années. La valeur ajoutée différenciante de notre accompagnement repose justement sur notre capacité à dépasser le cadre d’une demande initiale pour l’exposer à de nouveaux paradigmes comme les futures modalités d’organisation du travail, la gestion des flux de collaborateurs ou encore l’évolution de la vocation des espaces de travail. Notre mode de questionnement extrêmement ouvert surprend parfois certains clients. Mais en combinant les données recueillies lors d’une observation rigoureuse de l’utilisation des lieux à notre expertise en matière de coconstruction de projets, nous renforçons la résilience des programmes imaginés ensemble et leur capacité à attirer durablement les meilleurs talents.

À cet égard, notre éthique et notre responsabilité vis-à-vis de nos clients s’expriment sous la forme d’un triple engagement. Premièrement : nous assurer que les collaborateurs qui vont utiliser les lieux et espaces que nous aurons créés s’y trouvent vraiment bien et efficace. Second point : ouvrir au maximum nos interlocuteurs et décideurs sur les projets liés à la prospective et aux modalités futures d’organisation du travail. Cela signifie dépasser le cadre d’une réflexion sur les seuls espaces de travail souvent teintés par les effets de mode. Troisième point : accompagner l’ensemble du cycle de transformation d’un projet, y compris après sa livraison, pour garantir une parfaite appropriation des nouveaux environnements de travail par les utilisateurs.

Pourquoi avez-vous décidé de mener cette étude ?

Les environnements flexibles tendent à se généraliser dans les entreprises. Ils deviennent en quelque sorte la norme. Pour mieux accompagner nos clients, nous avons trouvé intéressant d’essayer de nous projeter à 10 ans pour envisager à travers 5 scénarios quelles orientations pourrait prendre l’environnement de travail. Au-delà des résultats obtenus, cette démarche s’est révélée particulièrement vertueuse. Elle nous a amenés en effet à élargir notre questionnement mais également à identifier de nouveaux indicateurs qui seront probablement ceux que nous utiliserons demain.

Cette démarche vous permet ainsi aujourd’hui de mieux accompagner vos clients dans leur propre réflexion ?

C’est l’objectif que nous visions. En comprenant de façon plus précise l’environnement de nos clients, nous sommes en mesure de leur proposer un conseil plus adapté. Nous allons pouvoir étayer nos réflexions en dépassant le seul cadre spatial de l’environnement de travail. Pour une organisation, cela représente également un moyen d’éviter de s’engager trop rapidement dans de nouvelles approches sans en avoir anticipé toutes les dimensions et les impacts. Par exemple, après avoir plébiscité l’open space, une entreprise pourrait très bien se laisser séduire par la tendance de l’environnement flexible. Cette étude va nourrir nos échanges et probablement contribuer à faire gagner à nos clients un temps précieux dans le cadre de leur propre réflexion stratégique. L’approche conseil est déterminante dans ce processus. Nous allons essayer d’emmener nos interlocuteurs sur la route de nouvelles pistes très pertinentes face à leurs enjeux.

 

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