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Colliers International France décrypte les grands enjeux de la filière automobile et les stratégies immobilières des acteurs du secteur

Filière industrielle stratégique dans l’économie française, le secteur automobile est scruté de près en raison de son large impact sur l’activité du pays. Constructeurs, équipementiers, sous-traitants constituent ainsi un vaste écosystème qui réunit des milliers d’entreprises et d’emplois (149 000 entreprises et 990 000 emplois directs et indirects), mais joue également un rôle majeur dans le quotidien de nombreux Français, notamment dans les zones rurales et périurbaines, dont le parc automobile compte 39,5 millions d’unités.

Ce secteur, en prise à de profondes mutations liées aux enjeux environnementaux et aux évolutions technologiques, est touché de plein fouet par la crise sanitaire du COVID-19, malgré les mesures gouvernementales de soutien à la filière dans le plan de relance automobile, véritable "plan de survie", pour un secteur gravement fragilisé.

Celle-ci a précipité les difficultés du secteur avec des indicateurs macro-économiques en forte baisse, mais elle joue également un rôle d’accélérateur des mutations déjà à l’œuvre. Dans ces conditions structurelles et conjoncturelles complexes, les acteurs de l’industrie automobile déploient des plans de transformation dans lesquels l’immobilier est un levier d’optimisation et un outil pour accompagner de nouvelles formes d’organisation du travail.

Entretien croisé entre Laurence Bouard, Directrice des Etudes de Colliers France et Dominique Bredin, Directeur Corporate Solutions de Colliers France.

 

Quels sont les grands enjeux de la filière automobile?

Laurence Bouard : Trois disruptions majeures impactent profondément la filière automobile. Elles sont d’ordre :

  • Technologique, lié notamment à l’agenda environnemental, avec le moteur électrique et l’évolution du bouquet énergétique qui vont profondément impacter l’ensemble de la filière.
  • Numérique, avec le véhicule connecté, intelligent, autonome et l’émergence de sujets aussi complexes que la protection des données détenues par un véhicule.
  • Enfin Sociétale, touchant les usages, avec de nouvelles offres de mobilité et une profonde évolution du rapport à la voiture.

 

Les maîtres-mots de cette industrie semblent être optimisation, concentration, innovation ?

LB : Comme beaucoup de secteurs d’activité, l’industrie automobile est éminemment concurrentielle. La mondialisation a fortement accentué ce phénomène et poussé les entreprises dans une course à l’optimisation de leurs coûts, notamment de production. Une des réponses apportées à cet enjeu de rationalisation des coûts a été la forte concentration du secteur. Celle-ci s’est traduite par un grand nombre de regroupements industriels faisant ainsi émerger des groupes multimarques de dimension internationale. Au-delà de ce phénomène de concentration, l’industrie automobile est marquée par une quête permanente d’innovation. Ces dernières années, la prise en compte de l’urgence climatique a poussé l’ensemble du secteur dans une phase de transformation profonde orientée vers le développement des véhicules électriques, hybrides et autonomes. Les groupes automobiles et les équipementiers investissent une partie importante de leurs ressources en R&D sur ces thématiques.

 

Stratégie corporate et regroupements immobiliers, quels ont été les impacts sur l’immobilier ?

LB : La filière automobile s’est donc polarisée autour de grands groupes, suite à des fusions d’entreprises qui ont permis de réaliser d’importantes économies d’échelles et de déployer des stratégies corporate. Sur le plan immobilier, ces fusions ont conduit à des mouvements de regroupements au cours de la dernière décennie. Ainsi, en termes d’implantations tertiaires, sur les 13 dernières années, le secteur de l’industrie automobile totalise 18 grandes transactions en Île-de-France pour les constructeurs et les équipementiers. Durant cette période, 50 % des mouvements se sont localisés en 2ème périphérie et 22 % dans le Croissant Ouest, avec une majorité des grandes signatures sur des surfaces supérieures à 10 000 m².

 

PSA a annoncé vouloir généraliser le télétravail avec seulement 1,5 jour par semaine en moyenne de présence sur site. Le télétravail va-t-il devenir la nouvelle norme du secteur ?

LB : La crise du COVID-19 aura vraisemblablement accéléré le développement du télétravail, tout l’enjeu aujourd’hui pour les entreprises étant de passer d’un télétravail forcé pendant le confinement à un télétravail accompagné et organisé sur le long terme. Si certains acteurs comme PSA ont déjà affiché leur volonté de développer massivement le télétravail, le secteur reste majoritairement un adepte du bureau en espace ouvert (68 %*) dans l’aménagement de ses bureaux, avec une densité de 17,3 m²/poste* et un fonctionnement managérial encore très vertical, avec une part de bureaux individuels très importante (25 % *).

Pour ces acteurs, tout l’enjeu sera de porter une attention particulière au travail collaboratif, conduisant à rationaliser les surfaces et à proposer des espaces propices aux nouveaux modes de coopération et d'hybridation du travail (présentiel/distanciel) : différenciants, co-créatifs, connectés..., avec comme objectif de diminuer les silos par marques et par métiers pour développer plus de transversalité et d’innovation.

(* Ratios calculés sur la base des projets pilotés par Colliers International France).

 

Quelles perspectives pour les bureaux du secteur automobile selon Colliers ?

Dominique Bredin : Dans le contexte de crise actuelle, la rationalisation des coûts, notamment immobiliers, restera un des drivers forts des acteurs de l’industrie automobile dans les prochaines années. Mais au-delà de ce prisme, les grandes mutations que connaissent les entreprises du secteur nécessitent d’adapter, voire de transformer les outils de travail, dont l’immobilier est un maillon essentiel. L’attraction de nouveaux talents pour faire face aux changements, la redéfinition de la place du bureau dans les métiers de l’innovation et la prise en compte plus générale des nouveaux modes de travail ne sont que quelques-uns des sujets rendant cette industrie particulièrement dynamique et innovante sur notre marché de l’immobilier de bureau.

Nos équipes accompagnent d’ores et déjà les acteurs du secteur sur l’ensemble de ses problématiques immobilières, en France et à l’international. Nous intervenons très en amont, dès la définition de la stratégie immobilière, mais également sur de sujets plus immédiats de rationalisation et optimisation de leur parc immobilier actuel. Tous nos métiers sont mis à contribution, de la transaction (cessions-acquisition et gestion des beaux), à l’accompagnement de leur projet (workplace, change, conception et réalisation).

 

Retrouvez l’intégralité de notre étude automobile >